« Est-ce mal de faire croire à Tiko ? »

Ce que Tiko doit être… et ne jamais devenir

On entend de plus en plus qu’il ne faudrait plus faire croire au Père Noël, à la Petite Souris ou aux personnages imaginaires, au risque de « mentir » à son enfant. Alors forcément, une question se pose : est-ce que faire vivre Tiko peut abîmer sa confiance ?

Pourtant, bien avant Tiko, l’imaginaire fait déjà partie de son quotidien. Une couverture devient une cabane, un carton devient un bateau et une peluche peut avoir faim, être triste ou partir à l’école. Le jeu et le faire-semblant occupent une place importante dans le développement de l’enfant et sont associés notamment au langage, à l’autorégulation, à la flexibilité mentale et aux fonctions exécutives. Ce n’est donc pas l’existence d’une histoire imaginaire qui pose problème en elle-même.

La vraie limite apparaît lorsque l’imaginaire devient un moyen de faire peur, de menacer, de surveiller ou d’obtenir l’obéissance. Tiko ne doit jamais devenir : « Si tu n’es pas sage, Tiko va prendre tes jouets. » Il est là pour donner une dimension merveilleuse à une expérience bien réelle : ranger, attendre, redécouvrir et gagner progressivement en autonomie.

Mais la magie ne fait pas tout

Si le problème n’était pas qu’il “ne veut pas” ?

Tout paraît simple… jusqu’au jour où l’enfant refuse de ranger, réclame précisément le jouet qui vient de partir, se met en colère ou semble parfaitement comprendre ce qu’on lui demande sans pour autant réussir à le faire.

Et c’est souvent là que nos automatismes d’adultes reviennent : on répète, on insiste, on négocie, on menace parfois… puis on s’épuise. Pourtant, derrière un comportement que l’on interprète comme de la mauvaise volonté peuvent se cacher des capacités encore en construction : organiser une tâche, savoir par où commencer, inhiber une envie immédiate, supporter la frustration ou réguler une émotion.

Comprendre son enfant ne signifie pas tout accepter. Cela permet enfin de savoir où poser le cadre et où il a encore besoin d’être accompagné.

Et si le déclic devait aussi commencer chez nous, parents ?

Ce que l’on attend d’un enfant mérite parfois d’être regardé autrement

Nous attendons beaucoup de nos enfants : qu’ils se concentrent, patientent, rangent, se contrôlent, gèrent leur frustration et deviennent autonomes. Mais qui nous a appris, à nous, comment ces compétences se construisent réellement ?

On devient parent sans mode d’emploi. Alors on fait du mieux que l’on peut avec ce que l’on connaît. Mais il arrive un moment où répéter davantage ne suffit plus.

On ne peut pas attendre d’un enfant qu’il maîtrise déjà ce qu’il est encore en train d’apprendre. Et on ne peut pas toujours trouver la bonne réaction si personne ne nous l’a jamais expliquée.

Quand la magie rencontre la réalité

Là où la posture du parent peut tout changer

Que faire s’il réclame le jouet parti avec Tiko ? S’il a peur de ce personnage invisible qui peut entrer dans la maison ? S’il refuse catégoriquement de ranger malgré toute la magie mise en place ? Et que répondre le jour où il demande très sérieusement : « Est-ce que Tiko existe vraiment ? »

Ces moments peuvent sembler secondaires, mais ce sont souvent eux qui déterminent la suite. Parce qu’une méthode fonctionne facilement lorsque tout va bien. C’est lorsqu’elle rencontre la résistance, la frustration, la peur ou le doute que la posture du parent devient essentielle.

Et un jour, évidemment, l’enfant comprendra ce qui se passe dans les coulisses. Ce moment peut devenir « Donc tout était faux ? »… ou au contraire ouvrir une nouvelle étape de l’histoire, jusqu’à lui faire découvrir un nouveau rôle dans l’univers de Tiko : celui de Gardien Adjoint.

Toutes ces questions réunies dans Le Guide de Tiko

Le Guide de Tiko a volontairement été conçu court, dense et accessible. Pas des centaines de pages de théorie, mais les clés essentielles pour comprendre ce qui se joue derrière certains comportements, ajuster sa posture, traverser les résistances, mieux accompagner les émotions et faire évoluer la magie à mesure que l’enfant grandit.

Parce qu’avant de demander à un enfant de changer son comportement, il faut parfois commencer par comprendre ce qui l’empêche encore d’y arriver.

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